Ce livre est un chant d’amour de l’écrivain cubain à sa ville, La Havane, celle qui l’a vu naître, écrire, vivre et survivre. Il nous invite à une déambulation dans différents quartiers – Mantilla, le sien, mais aussi Vedado, la Habana vieja, le Malecon, Casablanca (l’autre)… Les vestiges de la magnificence coloniale, villas, parcs, avenues, côtoient les ratés du socialisme révolutionnaire ; les souvenirs de l’opulence (en grande partie due à l’esclavage), de l’âge d’or des clubs, des cinémas, de l’art sous toutes ses formes, luttent avec la succession de « périodes spéciales » de l’ère révolutionnaire vécues par le peuple cubain, les privant d’eau, d’électricité, de savon, de tout un tas de choses basiques, mais aussi de culture, de liberté, d’espoir.
Rêves, révoltes, illusions perdues, émigration massive rythment la vie des Cubains, rescapés intemporels du destin que leur forge un pouvoir dictatorial sourd et muet à la souffrance du peuple. Les Cubains sont des héros et Padura, l’écrivain, peint et dépeint merveilleusement leur quotidien mais aussi leur histoire et les personnages, écrivains, musiciens, souteneurs, tenanciers… qui ont émaillé la vie de l’île. Le récit est entrecoupé des œuvres romanesques de l’auteur, illustrant et éclairant son propos et agrémenté des photographies de Carlos T. Cairo qui réussit à capturer l’âme de La Havane.
Allez à Cuba mais surtout lisez Padura !
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