Nos coups de cœur

Nos

coups

de cœur

Récit

Aller à La Havane

de Leonardo Padura

22.50 €

Editions Métailié
Traduction René Solis (espagnol, Cuba)
Parution 01/2026

Ce livre est un chant d'amour de l'écrivain cubain à sa ville, La Havane, celle qui l'a vu naître, écrire, vivre et survivre. Il nous invite à une déambulation dans différents quartiers – Mantilla, le sien, mais aussi Vedado, la Habana vieja, le Malecon, Casablanca (l'autre)... Les vestiges de la magnificence coloniale, villas, parcs, avenues, côtoient les ratés du socialisme révolutionnaire ; les souvenirs de l'opulence (en grande partie due à l'esclavage), de l'âge d'or des clubs, des cinémas, de l'art sous toutes ses formes, luttent avec la succession de "périodes spéciales" de l'ère révolutionnaire vécues par le peuple cubain, les privant d'eau, d'électricité, de savon, de tout un tas de choses basiques, mais aussi de culture, de liberté, d'espoir.

Rêves, révoltes, illusions perdues, émigration massive rythment la vie des Cubains, rescapés intemporels du destin que leur forge un pouvoir dictatorial sourd et muet à la souffrance du peuple. Les Cubains sont des héros et Padura, l'écrivain, peint et dépeint merveilleusement leur quotidien mais aussi leur histoire et les personnages, écrivains, musiciens, souteneurs, tenanciers... qui ont émaillé la vie de l'île. Le récit est entrecoupé des œuvres romanesques de l'auteur, illustrant et éclairant son propos et agrémenté des photographies de Carlos T. Cairo qui réussit à capturer l'âme de La Havane.

Allez à Cuba mais surtout lisez Padura !

Là où je n’ai plus pied

de Belén López Peiró

24 €

Editions Globe
Traduction Lise Belperron (espagnol / Argentine)
Parution 04/2025

C'est le récit d'une jeune femme argentine, agressée sexuellement par un oncle, par ailleurs commissaire de police. Un jour, Belén parle, dénonce, expose les faits. Tout le monde s'en mêle : la famille, le village... Face à la révélation, chacun a un avis pour justifier, excuser l'inacceptable.

Belén espère que la justice va l'entendre : elle porte plainte et fouille dans ses souvenirs, son passé, son enfance pour faire remonter le moindre détail de son traumatisme. Une plongée douloureuse mais nécessaire pour affronter le processus judiciaire violent et la la maltraitance caractérisée d'une société qui couvre les agresseurs. Le livre alterne la parole des proches et celle des institutions judiciaire, médicale, policière, nous laissant entrevoir le courage et la force qu'il faut à une victime pour demander réparation.

Un traumatisme transformé en combat, un précieux témoignage. Un livre nécessaire et courageux !

Mon vrai nom est Élisabeth

de Adèle Yon

22 €

Editions Du sous-sol
Parution 02/2025

Qui était Betsy, l'arrière grand-mère de la narratrice, diagnostiquée schizophrène dans les années 50 et internée de longues années ? Ses enfants et petits-enfants ne parlaient pas d'elle... Il faut dire que l'on taisait la vérité dans cette famille bourgeoise, percluse de non dits. Quelques légendes familiales, le souvenir d'une vieille dame, coquette, espiègle, et toujours amoureuse de son ex-mari à la fin de sa vie, surnageaient.

L'autrice se lance dans une vaste enquête familiale, interroge ceux qui ont connu Elisabeth, déterre des secrets, exhume les archives et creuse le silence. À travers son récit, transparaît le poids de l'hérédité, la psychiatrie invasive de ces années-là, le musèlement des femmes.

Entre enquête essai, un récit captivant !

Ootlin

de Jenni Fagan

23 €

Editions Métailié
Traduction Céline Schwaller (Écosse)
Parution 01/2025

Une plongée dans l'enfance de l'autrice, placée par le service d'aide sociale irlandais, dès sa naissance, car séparée d'une mère schizophrène. Ballotée de familles d'accueil en foyers, négligée, maltraitée, niée... Jenni vit une jeunesse, puis une adolescence fracassées par une incompétence institutionnalisée.

Malgré les agressions, la maltraitance, la drogue, la délinquance, l'adolescente va se construire, grâce à sa rencontre avec les mots, les livres, l'écriture. Un récit poignant, d'une force inouïe !

Patronyme

de Vanessa Springora

22 €

Editions Grasset
Parution 01/2025

En triant les papiers de son père, tout juste décédé, l'autrice tombe sur des photos de son grand-père adoré, des photos qu'elle n'avait jamais vues, des photos cachées, des photos sur lesquelles il arbore des insignes nazis.

D'abord foudroyée par cette effroyable découverte, Vanessa Springora se lance dans une enquête qui la mènera jusqu'en Tchéquie et se plonge dans de multiples archives sur les traces de son aïeul et de l'histoire de sa famille.

Une quête passionnante qui nous emporte dans les tourments de l'Histoire, à la poursuite du destin d'un homme.

L’Empreinte

de Alex Marzano-Lesnevich

8.9 €

Editions 10/18
Traduction Héloïse Esquié
Parution 01/2020

En 1992, Ricky Langley, employé d’une station-service, déjà connu pour des faits de pédophilie, avoue avoir étranglé son petit voisin Jeremy Guillory, 6 ans. Il mène les policiers au cadavre caché dans le placard de sa chambre depuis trois jours. On découvre des traces de sperme sur le tee-shirt de l’enfant.

C’est en découvrant les aveux filmés de Ricky Langley lors d’un stage dans un cabinet d’avocats à La Nouvelle Orléans qu’Alex Marzano-Lesnevich, alors jeune étudiante en droit et opposée à la peine de mort, découvre l’affaire et voit ses convictions ébranlées. Dans le passé, Ricky Langley avait à plusieurs reprises demandé de l’aide pour ses pulsions pédophiles aux services de l’État, qui ne l’ont pas écouté. Alex Marzano-Lesnevich n’a pas non plus été entendue lorsque, à l’âge de 8 ans, elle a révélé à ses parents les abus sexuels commis par leur grand-père sur elle et ses sœurs.

Son enquête longue et minutieuse, suivie de l’écriture de ce livre, aboutissent à cette analyse extraordinaire sur les secrets de famille et les fantômes qui hantent nos vies. Et mènent Alex Marzano-Lesnevich à la résilience.

Grand Prix des Lectrices de Elle 2019
Prix du Livre étranger 2019 France Inter/JDD