Nos coups de cœur

Nos

coups

de cœur

Roman

Florida

de Olivier Bourdeaut

19 €

Editions Finitude

Elizabeth, à sept ans, est très jolie. Sa mère, la "reine-mère” la traite comme une princesse et bientôt la traine dans tous les concours de mini-miss à travers les États-Unis. Son père, le "valet” ne dit rien. Une enfance volée contre laquelle l'adolescente va se révolter.

Jusqu'à haïr et maltraiter son corps, détester ses parents et aussi le monde entier. Elizabeth va dompter et maîtriser son corps pour en faire un instrument de vengeance pour les atteindre, les punir.

Beaucoup de thèmes sont évoqués dans le roman — dictature de l'image, culte de la beauté, ambition exacerbée – avec humour, ironie et vitriol. Reste une poupée bien déglinguée, à laquelle l'auteur donne toute sa tendresse. Une réussite !

Les danseurs de l’aube

de Marie Charrel

20 €

Editions L'Observatoire

Les jumeaux Rubinstein, fruit des amours d'un russe blanc avec une juive polonaise, fuient la révolution d'octobre et découvrent la danse. Ils deviennent des danseurs de flamenco adulés à Varsovie, Berlin, et même New York, jusqu'à ce que la guerre les rattrape. Maria disparaît et Sylvin, son frère, n'aura qu'une cesse : tenter de la retrouver, en s'engageant dans la résistance.

Soixante-dix ans plus tard, Lukas et Iva se rencontrent à Hambourg et suivent les traces du duo mythique des danseurs d'avant-guerre, habités par le “duende”. Les nazis ont été remplacés par d'autres acteurs de la violence et de l'intolérance.

Le destin d'artistes, épris de liberté, passionnés par leur art, dans la tourmente du monde. Une réflexion sur l'influence de l'art, la force de la passion, la beauté des corps, les valeurs de tolérance et d'amitié... Un roman magnifique !

Canción

de Eduardo Halfon

15 €

Editions La Table Ronde
Traduction David Fauquemberg (Guatemala)

Un chef d'entreprise est enlevé à Guatemala City, en pleine guerre civile, et retenu en otage dans une résidence clandestine pendant trente-cinq jours. Exilé syrien, en provenance de Beyrouth – quand le Liban n'existait pas encore – ayant transité par la Corse et les Etats-Unis avant de s'établir au Guatemala, l'homme n'est autre que le grand-père de l'auteur.

L'un des ravisseurs, Canción, un guerillero sanguinaire et inquiétant, aussi boucher à ses heures, comptait-t'il l'échanger contre un combattant retenu par les Américains ? Financer la lutte armée avec la rançon ?

Eduardo Halfon, poursuit, à travers l'une des facettes de sa riche histoire familiale, sa réflexion sur la quête d'identité et reconstitue les faits, avec précision et talent. Il entremêle grande Histoire et souvenirs intimes au son d'une petite musique littéraire bien à lui.

Des diables et des saints

de Jean-Baptiste Andrea

19 €

Editions L'Iconoclaste

Joe, adolescent jusqu'ici plutôt privilégié, pianiste doué, est envoyé à l'orphelinat “Les Confins” dans le Sud-Ouest, à la frontière de l'Espagne. Dirigé par un abbé rigoriste pour ne pas dire maltraitant et régenté par un ancien de l'Indochine, le pensionnat y accueille une quarantaine d'enfants de 5 à 17 ans.

Devenu adulte, Joe se souvient : les vexations, les punitions mais aussi les amitiés et les premiers émois dûs à Rose, aussi belle que méchante.

Après Ma reine, déjà publié à L'Iconoclaste, véritable petit bijou, Jean-Baptiste Andrea confirme ici son talent pour raconter l'enfance, saisir l'émotion. Un très beau livre !

Ces orages-là

de Sandrine Collette

20 €

Editions Lattès

Clémence fuit la violence, l'emprise d'un homme. Un homme qui l'a aimée, puis humiliée et terrorisée. Elle tente de se reconstruire, en proie à des crises de panique incontrôlables. Pas à pas, jour après jour, elle redécouvre le parfum et la beauté d'une fleur, écoute le chant des oiseaux, contemple le bassin aux poissons rouges, lutte pour se ré-approprier sa vie et mettre à distance la peur et l'angoisse.

Son voisin, un homme âgé et solitaire, va l'y aider.

L'écriture de l'auteure est belle, précise, sensible, entrouvrant comme elle l'écrit “ une brèche vers la consolation, la liberté ”. Un très beau roman.

Là où nous dansions

de Judith Perrignon

19 €

Editions Rivages

Détroit, USA. Autrefois fleuron de l'industrie automobile américaine, cette ville du Michigan fut le lieu de tous les possibles, notamment pour la population noire, qui fit de son quartier un lieu de vie et d'espoir, de fête et de musique aussi, avec une multitude de bars, dancings, restos, commerces... En proviennent The Supremes groupe féminin mythique du label Motown ou Stevie Wonder. Le rêve américain réalisé.

Et puis, tout s'effondre. Désindustrialisation, spéculation, drogue, gangs, misère. Le Brewster Douglass Project, voulu par Eleanor Roosevelt, est devenu une ruine où viennent nicher les rapaces et se terrer les voyous. Qui sont les responsables ? Les coupables ?

A travers la parole des habitants abandonnés, d'Ira et Sarah, flics intègres qui combattent l'oubli et l'injustice, l'auteure écrit la chronique de la mort annoncée d'une ville, gangrenée par la recherche de profit à tout prix et le racisme. Un livre passionnant !